08.12.2008

Des périodes déterminantes de l'histoire

nature-eau.jpgPour agir en vue de la conservation de notre environnement, il est indispensable de garder les notions qui ont conduit à certains actes irréparables dans l’immédiat. Pour cela il est utile de reprendre le déroulement des choses. L’histoire de l’humanité comporte trois grandes phases. Une première période correspond au début du néolithique (8000 av. J-C.), au cours de laquelle l’homme primitif vécut parfaitement intégré à la nature, sans influer sur son biotope. Une seconde phase s’étend du néolithique au siècle dernier, pendant laquelle l’homme a appris à modifier son milieu de vie, en cultivant de préférence certaines espèces de plantes, et en élevant des animaux capables de fournir du travail et de procurer de la nourriture. Puis vient la troisième période, qui couvre les deux derniers siècles, et qui est dominée par la révolution industrielle. L’homme, en exploitant à outrance les ressources biologiques, renouvelables ou non, a altéré son milieu ambiant au point de mettre en danger l’existence de nombreuses espèces animales et végétales, ainsi que la sienne.

Les actions néfastes

Au cours de la première période de l'histoire, l’importance de la population est restée à peu près constante (entre 10 et 15 millions à la fin du paléolithique). Pendant la seconde, du fait de la multiplication des ressources alimentaires et d’une progressive diminution de la mortalité, l’espèce humaine subit une croissance- rapide, jusqu’à atteindre 900 millions d’âmes au début du siècle dernier. La troisième phase nous fait assister à une véritable explosion démographique de l’humanité, qui dépasse le chiffre de trois milliards et demi d’individus.
Si l’actuelle croissance démographique devait se poursuivre, il y aurait sur terre quelque douze milliards d’êtres humains en 2025 !

nature-sauvage.jpgCet état de choses, joint à l’exploitation toujours plus étendue et plus rapide des ressources naturelles, abouti à une situation critique, comme si l’homme avait déclaré la guerre à la nature. En effet, les résultats déplorables de l’action directe ou indirecte de l’homme sur son milieu naturel peuvent se résumer ainsi : érosion du sol, pollution de la terre, de l’eau et de l’air, rupture de l’équilibre biologique, tant dans le monde animal que végétal.
• Le déboisement et la destruction des prairies, pratiqués en vue de récupérer des surfaces utilisables pour l’agriculture, a provoqué une érosion rapide du sol. Il en est de même de l’habitude fort ancienne, et très répandue, des cultures sur brûlis, plus particulièrement en faveur dans les régions tropicales.
• Elle a entraîné le passage de la savane, à base d’arbres et d’arbustes, à la savane herbeuse, puis au désert.
• L’exploitation excessive des pâturages utilisés pour les animaux domestiques (bovins d’abord, ovins ensuite, caprins enfin), contribue parfois, de manière déterminante, à l’appauvrissement du sol, tandis que des systèmes agricoles fautifs (monoculture, défrichement périodique, mise en jachère du sol) favorisent la disparition de l’humus fertile.
• Enfin, l’équilibre hydrique étant compromis par une érosion accélérée, et les ressources hydriques n’étant pas exploitées rationnellement, on assiste à un dessèchement progressif du sol, à une altération du régime fluvial, avec, pour conséquence, des inondations désastreuses. S’ensuit également une accumulation anarchique des sédiments, entraînant le colmatage des bassins hydrographiques et l’élévation du lit des fleuves.

• L’homme empoisonne de ses déchets, aussi bien l’atmosphère que les eaux (douces ou salées) Gaz et Poussières impalpables se répandent dans l’air, donnant naissance à cette fameuse chape de smog qui, désormais, n’est plus limitée à l’hiver ni aux grandes villes, mais qu’on retrouve un peu partout, aux différentes périodes de l’année. Ses causes gaz et suies d’origine domestique, (fumée el anhydride carbonique provenant des installations de chauffage); gaz d’échappement des voitures; gaz et poussières d’origine industrielle.

Cours d’eau, lacs, nappes phréatiques sont, de plus en plus pollués par les déchets solides et liquides résultant de deux phénomènes l’urbanisation et le développement industriel. Conséquence s’aggravant chaque jour, les égouts déversent dans l’eau des lacs et des fleuves des substances que la flore bactérienne ne réussit pas à décomposer selon les processus normaux d’autoépuration de l’eau.
Les substances polluantes d‘origine industrielle peuvent être, d’origine minérale (composées de fluor, du cuivre, du zinc, de mercure, du plomb, du chrome, du nickel, etc., provenant de mines, des industries chimiques, des centrales électriques, soit d’origine organique (hydrocarbures traités dans les raffineries, dérivés du phénol produits par les industries lu gaz, du coke, des colorants, déchets biologiques des tanneries, brasseries, distilleries, etc.).IMGP0558.JPG
A ces deux sources de pollution, on peut en ajouter une troisième l’agriculture. Insecticides, désherbants et anticryptogamiques, autant de produits toxiques pulvérisés en abondance sur les végétaux, qui passent dans le sol, puis dans les eaux douces, superficielles ou profondes. Quant à la mer, en règle générale, elle réussit à diluer et à assimiler les divers déchets qui y sont déversés, à l’exception des hydrocarbures, qui flottent à la surface sans se mélanger à l’eau. Le fléau (la marée noire), est connu et est aujourd’hui répandu un peu partout dans le monde. Chaque année, pétroliers et puits pétrolifères sous-marins déversent dans la mer des milliers de tonnes de résidus huileux. Ceux-ci polluent de manière irréversible le milieu marin et la bande côtière des continents, causant des ravages parmi la faune et la flore aquatique.
D’origine plus récente, mais plus dangereuse que toutes les autres, la pollution radioactive. Elle est provoquée par des substances; aujourd’hui répandues dans tous les milieux et à travers toute la terre, et provenant de trois sources principales les explosions atomiques, l’eau utilisée pour refroidir les réacteurs des centrales atomiques, les résidus des substances radioactives employées dans la production industrielle de l’énergie nucléaire.
Actuellement, il semble que la radioactivité n’atteint pas un taux de concentration vraiment alarmant; il a été toutefois démontré qu’elle s’accumule dans les organismes, aux différents niveaux de la chaîne alimentaire, compromettant de manière irrémédiable la structure et le bon fonctionnement des tissus vivants.
En ce qui concerne la rupture de l’équilibre biologique dans le règne animal et végétal, l’emploi massif et sans discrimination des insecticides (indispensables dans la lutte contre les insectes nuisibles à l’agriculture ou porteurs de maladies) a eu des conséquences dont la gravité n’est pas apparue immédiatement. Toxiques pour de nombreux animaux (oiseaux, poissons, invertébrés aquatiques) et pour les insectes utiles eux-mêmes (abeilles, insectes pollinisateurs), ils sont à l’origine d’une rupture de l’équilibre entre les espèces. La disparition de nombreux insectes entraîne la prolifération d’autres animaux, parfois plus dangereux; en outre, la raréfaction des insectes a réduit à la famine quantité d’oiseaux, tels les hirondelles, dont ils constituaient la nourriture. Enfin, certaines races d’insectes deviennent progressivement insensibles aux insecticides, obligeant à utiliser des doses de plus en plus fortes d’insecticides de plus en plus toxiques. L’abus des insecticides a également pour l’homme, des conséquences néfastes.

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Autre élément de rupture de l’équilibre, l’introduction par l’homme, dans un milieu donné, d’espèces animales ou végétales étrangères à ce milieu. Quand, délibérément ou non, on transporte d’un point à un autre de la terre plantes ou animaux, il arrive que ceux-ci, placés dans un milieu nouveau, y prolifèrent avec excès, causant un tort irréparable à la faune et à la flore locale.
L’homme moderne a amorcé un processus difficile à contrôler, toutefois des mesures prises à l’échelle mondiale tentent d’enrayer certaines évolutions.